
Hier, j'ai regardé "Stupeur
et Tremblements". J'avais lu le bouquin il y a des années, et je l'avais adoré.
Il y a quelques mois, j'ai occupé un job, et le moins que l'on puisse dire c'est que cela ne s'est pas bien passé. A l'époque, je me disais "ça me rappelle stupeur et tremblements", mais je ne me
souvenais pas à quel point.
Mon histoire est tout de même bien moins pire, mais il y a des points de ressemblance qui m'ont bien fait rire! (Après coup, parce qu'en p)oste je vous assure que je ne rigolais pas du tout).
Le job en question m'avait été vendu comme un véritable accélérateur de carrière (ce sont les mots prononcés), avec des responsabilités, qui déboucheraient sur un poste d'encadrement. Pas un poste
d'assistante de direction, ça a bien été précisé dans l'entretien (ce n'était d'ailleurs pas l'intitulé du poste), environ 20% d'assistanat, gestion de dossiers au niveau européen pour le reste. Le
patron" a l'air très aimable et très agréable.Ok je signe, même si le salaire est moins élevé qu'un autre poste sur lequel j'étais positionnée. J'avais l'impression d'avoir décroché le job du
siècle.
J'arrive le premier jour, un peu anxieuse. Première surprise: je suis présentée comme étant l'assistante de direction. Bon ok, ça m'effraie un peu mais pour ma première matinée j'ai un job
intéressant à faire, j'y vais. Ce fut à peu près le dernier, à deux exceptions près (soit environ une semaine et demi de travail effectif).
Les jours passent, et mis à part la tâche du premier jour, rien. Une lettre à taper par ci, une autre à affranchir par là, et voilà. Je me mets d'accord avec un autre employé pour qu'il propose à
mon patron de me mettre sur une tâche. Accepté, trois jours de boulot, je revis. Mais après cela, toujours la même rengaine: passer une coup de fil de temps en temps, imprimer des documents, faire
des photocopies...
J'essaie de proposer des tâches (surtout de l'automatisation de fichier, mon dada), rien ne passe. Je suis juste bonne à recopier des courriers, et à passer des feuilles au broyeur.
Je m'inquiète donc sérieusement pour mon poste "accélérateur de carrière". Parce que mis à part améliorer ma connaissance de la photocopieuse, je ne faisais pas grand chose. Et puis je ne vous
raconte pas les crises de larmes "j'me suis endettée pour faire un bac+5 et je suis secrétaire bas de gamme, j'ai un poste pire que celui à bac+2" le soir (et parfois même le matin), Poupoune
désespéré de me voir comme ça, et moi de plus en plus flippée ("c'est pas possible, je suis une abrutie qui ne fait que conneries sur conneries pour qu'on me file que ça à faire"). Au boulot,
complètement flippée, honteuse de ce que j'étais, et ne voulant qu'une chose, m'enfoncer sous la moquette (ma place naturelle sans doute vu ce qu'on me faisait faire).
J'en parlais à mes collègues, qui me conseillèrent d'aller en parler à mon patron (très aimable par ailleurs, n'élevant jamais la voix). Etant encore en période d'essai, j'hésitais, j'avais
vraiment besoin d'argent, mais après l'annonce de deux semaines de classement (et oui, mon patron partait deux semaines en vacances, et à la question "qu'est-ce que je vais faire", il me regarda
d'un air désespéré, soupira, et m'annonça donc "du classement..."), je craquais et décidais d'en parler.
Je demandais donc si j'avais fait des boulettes, si mon manque de boulot venait d'erreurs dans ce que j'avais fait, réponse négative: j'étais compétente. Ok, c'est déjà ça. Après, il me reproche
mon manque de proactivité. Je suis un peu étonnée, ayant proposé diverses choses, et mis en place quelques unes "en douce", avec le soutien d'un collègue. Mais l'erreur, c'est que je n'avais pas
proposé une méthode plus efficace pour ranger son bureau et ses dossiers. Bon sang mais c'est bien sûr! C'est vrai qu'automatiser des rapprochements qui prennent des jours, c'est inutile à côté de
ça...Pour ma période d'essai, il m'assure qu'il n'y a pas de problème. Bon ok, ça me soulage. Sinon, il m'explique être la "maman" du service, en gros aller chercher l'agraffeuse pour bidule,
prendre les rendez-vous de machin etc! Dire que je ne devais faire que 20% d'assistanat, et qu'il n'y avait pas besoin d'assistante de direction...
Il part donc en vacances. La première semaine, je fais des rapprochements (ceux que je souhaitais tant automatiser, au moins pour partie, et que je me tape donc à la main; mais au moins c'est un
vrai job). Mais le pire est à venir: près de 2000 photocopies de factures à réaliser (aller chercher chaque facture dans le classeur, la photocopier, la reranger, ranger le classeur), et à trier
ensuite dans divers classeurs. Je passais donc plus d'une journée entière à ne faire que des photocopies (à savoir: d'habitude, un intérimaire est engagé pour cette tâche), puis 4 jours à tout
classer. Autant dire que je passais mon temps au bord des larmes. Le comble de la connerie, claquer du fric en études, refuser un poste mieux payé pour ça! En plus devant tous ses collègues, passer
pour la conne abrutie incapable de service! Mais après tout, mon cerveau crétin ne méritait sans doute pas mieux! Autant le dire, psychologiquement, j'étais au plus bas.
Et le meilleur pour la fin: au retour de mon patron, virée (toujours aimable mon patron pourtant, comme quoi...)! Lui qui me disait 15 jours avant qu'il n'y avait pas de problème pour la période
d'essai. J'ai du partir dans l'heure, mais pour satisfaire aux obligations légales, il m'a payé mes deux semaines de préavis. Problèmes relationnels d'après lui (d'un autre côté, avec mon état de
dépression avancé à force d'avoir l'impression de me faire couillonner...).
Et retour à la case chômage...
Comme quoi y'a pas qu'au Japon que ça arrive...
J'ai vécu ça, un tonne de photocopie pour deux semaines de plaisir jobesque... c'est loin (2003) mais c'est comme si c'était hier en lisant ton post
Tu ne postes plus. Peut être que tu as trouvé un job ? Je l'espère pour toi et qu'il soit un peu intéressant aussi
Courage